L’orgue français à Faucogney-et-la-Mer

L’orgue français à Faucogney-et-la-Mer

orgue français de Joseph Rabiny - 1787

Classé au titre des monuments historiques (partie instrumentale en 1972 et buffet en 1974)

  • Joseph Rabiny (construction 1787)
  • Grégoire Rabiny (modifications 1811)
  • Didier Henri (reconstruction 1851)
  • Joseph Callinet (déplacement 1859)
  • Philippe Hartmann et Jean Deloye (restauration 1976)

Restauration envisagée
Cette page sera renseignée selon l’évolution du projet

L’orgue historique de l’église Saint-Georges de Faucogney a été construit en 1787 et terminé le 19 août de la même année pour l’église Ste Madeleine de Ste-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin), pour la somme de 3.800 francs par le facteur Joseph Rabiny (Ottobeuren 18 mars 1732- Rouffach 16 mai 1813)

Le 16 juin 1811, Grégoire Rabiny (fils) dresse un devis estimatif pour un relevage complet (« Démonter tout l’orgue dans son entier qui est composé de deux claviers et d’une Pédale séparée. Accorder, réparer & nettoyer tous les jeux qui le composent ») et l’installation d’un système de réglage de la mécanique « à vis de laiton et écrous de cuir ». En l’absence du devis initial, ce document très détaillé permet de connaître la composition précise de l’instrument.

L’instrument est acheté en 1849 par le curé cantonal Guery de Faucogney (Ste-Marie-aux-Mines ayant commandé un nouvel instrument à Joseph Callinet). Il fut transporté et installé par Joseph Callinet en mai 1851.

Vente de l’ancien orgue, le 7 novembre 1849

Je soussigné Ursisin Guerry, curé cantonal de Faucogney, Haute-Sâone, reconnais devoir à mon confrère, Jean Bader, curé de canton à Ste-Marie-aux-Minesn Haut-Rhin, la somme de seize-cents-cinquante Francs pour l’ancien jeu d’orgues de son église qu’il m’a vendu. Je m’engage à lui payer cette somme en bonnes espèces dès que les dites orgues seront placées dans mon église.

Il est à remarquer que dans cette somme de seize-cents-cinquante Francs ne sont pas compris les frais d’emballage et de transport qui seront entièrement à ma charge, ainsi que le posage, les réparations et la mise en harmonie.

Peut-être par manque de moyens et parce qu’il convenait sans doute aux besoins de la liturgie, l’instrument subit alors très peu de modifications : remplacement de la basse de viole (jeu hérité de Riepp alors très peu répandu en France) par un Salicional, des III rgs du Cornet de Récit par un Hautbois probablement. Le facteur Henri Didier reconstruit la soufflerie et échange quelques jeux vers la fin du XIXe siècle (remplace le hautbois du Récit par un bourdon et la trompette 8 de Pédale). Une expertise approfondie permettrait de définir précisément les apports de Joseph Callinet et Henri Didier.

Doublement classé au titre des Monuments Historiques, à titre instrumental (19 mai 1972) et pour le buffet (3 janvier 1974), l’instrument est restauré par Jean Deloye et Philippe Hartmann en 1976.

Le buffet de chêne (réhaussé de peinture et de dorure avant restauration) comporte trois tourelles, dont la plus grande au centre est plate et couronnée d’une statue. Les petites tourelles latérales sont semi-circulaires et surmontées par deux anges musiciens. Elles sont toutes à cinq tuyaux, le plus gros au centre étant le seul écussonné. Les deux plates-faces à 9 tuyaux possèdent de belles claires-voies à motif végétal (feuille de houx), celle de la tourelle centrale est ornée de palmes. Les tourelles latérales sont ornées de lambrequins à draperie et pompons (se référer au buffet de l’orgue Rabiny de Niederentzen – Eglise Ste Agathe). L’ornementation est de style Louis XVI (cannelures des culots, de l’entablement et de la corniche de la grande tourelle, urnes à l’antique couronnant les plates-faces…).